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maladie_mon_amour_12_avril_1993_oui_fm.mp3
COMMENTAIRES 2008 :
Je garde une grande tendresse pour ce premier texte.
J’y exprimais, au travers de la métaphore d’une maladie fatale vécue au
quotidien, la propre dépression qui me rongeait alors chaque jour. Le mal-être, l’indifférence à toute chose, le
caractère vain de toute résistance.
La maladie dont souffre le narrateur n’est
pas nommée. Cela pourrait être le cancer, le SIDA ou tout simplement la vie. La
vie est peut-être la maladie la plus mortelle, puisque absolument personne n’en
est sorti vivant.
Ce qui me surprend encore aujourd’hui, c’est que ce texte originel (il n’existe
aucun écrit antérieur à celui-là) possède déjà tous les caractères récurrents
de mon travail littéraire d’aujourd’hui : mélancolie, désabusion, sensation
d’être différent d’autrui, expression de la vanité de toute chose, sens du
détail symbolique… Tout était déjà là, dans cette forme primaire et minimale.
Je me souviens qu’en le lisant j’avais un trac pas possible. J’ai eu un moment
de panique au moment où je bafouillais sur «carton-pâte », mais je
me suis senti vraiment délivré après avoir raccroché.
Près de quinze ans plus tard, en réécoutant ce texte, je me trouve bien mauvais lecteur,
ânonnant mon texte de façon scolaire, avec des fins de phrases ouvertes et des
respirations malvenues. Une véritable horreur ! Je ne comprends même pas que
Maurice ne m’ait pas éjecté au bout de dix lignes.
Il m’a fallu pas mal de mois
pour apprendre à « jouer » mes textes comme s’il s’agissait de
répliques de théâtre.



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