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COMMENTAIRES 2008 :
Je devais être très énervant, pour Maurice.
J’appelais, je lisais mon texte, je repartais, sans rien demander, tout cela de manière très polie, sans me montrer non plus rampant. Il n’y avait pas grand chose à
tirer de moi. J’appelais pour lire mon texte, et discuter avec l’animateur
m’apparaissait comme une formalité nécessaire, un simple droit de passage. Je
n’ai jamais été quelqu’un de très liant.
Ce jour là, comme quelques autres auparavant, Maurice tentait de me pousser à
l’improvisation, sans grand succès. J’étais venu pour lire mon texte, et comme
le fait finement remarquer l’animateur, il n’y avait que ça qui
m’intéressait.
Côté gouaille, il était évident que Maurice avait trop de longueurs d’avance
sur moi, inutile donc de participer, et il valait mieux me concentrer sur ce que je savais faire. Voilà en gros
mon raisonnement de l’époque.
Le texte en lui-même est une sacrée casserole. Adaptation peu heureuse du poème
« Liberté » de Paul Eluard, il se voulait une stigmatisation
de la gauche caviar et de ses différents scandales : Péchiney, le pasteur
Doucet, le sang contaminé, Bérégovoy… Des faits divers mis en vers et contre tout.
Sur ce coup-là, j’ai été moins dur que bassement superficiel. Tout ce que je
cite, ce sont de gros titres de journaux, dont je n’avais pas lu en entier un
seul article. Le gouvernement Mitterrand
n'a pas été plus corrompu que celui de Chirac ou de Sarkozy. Mais je crois
qu’il a beaucoup déçu parce que les gens en attendaient bien plus. Dans ce
pays, on pardonne à la droite d’être pourrie, mais pas à la gauche. Je n’étais,
à ce moment-là, que le reflet trop fidèle de cette aberration. J’ai beaucoup
évolué depuis.






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