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rupture_et_dispute_4_juillet_1993_oui_fm.mp3
COMMENTAIRES 2008 :
Il n’existe plus d’enregistrements de mes textes entre
fin mai et début juillet 1993. Je ne sais pas pourquoi, car j’ai dû continuer à
appeler régulièrement en juin. De ce fait, je ne me souviens plus pour quelle
raison Maurice semble me trouver soudainement ennuyeux ce jour-là.
Néanmoins, cet « asticotage » de la part de l’animateur
m’énervait beaucoup. J’en devinais la raison, toujours la même : essayer
de me pousser à exister dans l’émission autrement que par le biais de la
lecture d’un texte. Et ça, je ne le voulais pas, du moins pas avant la lecture
proprement dite.
Le temps que je passais à attendre au téléphone que mon tour vienne, je le
consacrais à répéter plusieurs fois mon texte à voix haute pour le maîtriser le
mieux possible. Lorsque enfin c’était à mon tour de parler, j’étais
complètement dans le texte, concentré à l’extrême, et rien ne m’agaçait plus
que d’entendre Maurice me forcer à tailler une bavette au préalable.
Bref, j’essayais cette fois encore d’être conciliant, en m’efforçant d’avorter
le dialogue le plus vite possible. En vain, bien sûr. Finalement, Maurice
trouva le moyen de casser mon trip en sortant du studio avant que je ne commence
ma lecture « ennuyeuse ». Malheureusement, ce soir-là, j’avais voulu faire court avec un simple
poème.
La poésie n’a jamais été mon fort. Celle-ci est particulièrement ratée.
Je n’en avais gardé aucun souvenir. Je ne sais même pas ce qui me l’a inspiré,
puisque je n’avais pas encore connu de rupture sentimentale à l’époque.
Vraiment bizarre.
J’aime bien le moment de silence après que j’aie raccroché, avec le « tut-tut »
en fond. Très symbolique de ma
résistance à la provocation de l’animateur. Je pense que Maurice s’attendait à
ce que je l’appelle après avoir fini, ou à ce que je dise quelque chose, du moins. Pour moi,
c’était hors de question. J’écrivais, je lisais, mais je ne parlais pas.
J’estimais que je donnais déjà beaucoup. Il était impensable que je donne plus.
A noter qu’au tout début, pendant que Maurice parle, on peut m’entendre de loin
dire « Putain, merde ! ». C’était parce que ma mère
venait de rentrer dans ma chambre, alors que je ne supportais pas que quelqu’un
soit là quand je lisais un texte. Heureusement, Maurice ne semble pas m’avoir
entendu.
Avec le recul, je me rends compte que tout aurait pu s’arrêter après ce coup de
fil. Mais même à l’époque, je me doutais que Maurice ne détestait pas qu’on lui
résiste un peu, du moment qu’on le faisait avec sincérité et inspiration.











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