
(Cliquer ci-dessous pour écouter le texte)
voyage_coeur_folie_27_aot_1993_oui_fm.mp3
COMMENTAIRES 2008 :
« Voyage au Cœur de la Folie »
demeure un de mes textes les plus forts, les plus dérangeants, les plus
malsains. Il a hanté une bonne partie des auditeurs de l’émission. Certains
m’en ont reparlé des années après. Bien que présenté, sans ambiguïté, comme un
psychodrame (la conclusion du texte ne laisse aucun doute sur le caractère
fictif du récit), l’extrémisme absolu de l’interprétation et l’intonation
parfaitement vicieuse que je donnai alors à ma voix ont fait de ce texte un
véritable voyage au cœur de la folie que pas moins de 300 000 personnes
(l’auditoire moyen de l’émission de Maurice sur Oui FM) ont pu écouter en
direct.
Aujourd’hui encore, je suis fier de ce morceau d’anthologie qui aurait pu, là
aussi, coûter très cher à Maurice. Pour moi, c’était une sorte de « happening »,
de performance. J’étais alors très intéressé par les pièces de Fernando Arrabal
et le « Living Theatre » américain. Le théâtre comme une sorte
de défouloir psycho-sociologique destiné à créer une catharsis primaire avec le
public. Le théâtre anarchique, nihiliste porté à son extrémisme le plus
monstrueux, tel qu’on le pratiquait dans les années 60-70.
Je n’écrirai plus quelque chose comme cela aujourd’hui, non seulement parce que
mon intérêt littéraire se trouve ailleurs, mais aussi parce qu’il me serait difficile
de faire mieux. J’ai écrit et lu à la radio des textes d’une telle violence que
je ne pourrais que répéter, inutilement et avec sans doute moins de virulence,
les quelques perles noires écrites en ce temps-là.
Je ne renie rien, je suis même heureux d’avoir accompli quelque chose comme
cela. Quelque part, ça m’en a libéré. Le meurtre et le suicide sont des
pulsions qui me hantent encore aujourd’hui, mais je sais que plus jamais elles
ne me domineront, peut-être parce que j’ai su aussi bien les leurrer au travers
d’une expression artistique.
Il y a aussi une autre raison pour laquelle j’ai cessé brutalement d’écrire ce
genre de textes : parce que cela a blessé véritablement des personnes.
J’en reparlerai un peu plus loin.
J’ai joint à ce texte trois commentaires qui ont suivi ce même soir. Le premier
est de Christine-Paris 11, qui prouve à nouveau sa sottise, mais avec déjà
moins d’assurance que lors de sa précédente intervention (« Eloge d’Une
Différence », 21 Mai 1993).
Le second commentaire est de Sandrine de Paris, une jeune fille de 17 ans à la
voix très ironiquement enfantine. Maurice est quelque peu désarmé face à elle.
Je crois qu’il n’est jamais arrivé à comprendre les pulsions romantiques et
morbides que certains adolescents ressentent au plus profond d’eux-mêmes. Ca
lui a toujours semblé simplement fou et dangereux. Mais cette petite jeune
fille était adorable. Il était difficile de se résoudre à la malmener ou à lui
parler durement. Alors il a biaisé en partant sur un délire autour de La Grande
Motte, lieu, où je le précise, je n’ai jamais été en vacances de toute ma vie.
Le dernier commentaire est d’un nommé Alexandre de Courbevoie. Il concerne
moins mon texte que l’influence que j’étais en train de prendre au sein de
l’émission. Il est intéressant de constater que les auditeurs commençaient à
remarquer que je bénéficiais d’une sorte de régime de faveur, dont Maurice se
devait de s’expliquer. Pas plus qu’Alexandre, je ne comprenais trop pourquoi
Maurice non seulement ne me chassait pas de son antenne, mais en plus rendait
hommage à mon talent. Mais c’est vrai que je savais déjà créer un climat
subversif et atmosphérique qui ne ressemblait à rien d’autre. Plus tard à
Skyrock, l’animateur Frédérico qui animait l’émission de Tabatha Cash m’a
prédit un glorieux avenir à la radio. On ne peut pas dire qu’il ait vu juste,
vu que je n’y ai jamais travaillé, mais nul doute que l’enthousiasme que mon
travail suscitait m’a beaucoup aidé à me construire, même si à l’époque, je
n’étais vraiment pas sûr de mériter tant d’éloges.
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