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le_rseau_secret_1er_novembre_1993.mp3
COMMENTAIRES 2008 :
Je
vais révéler un lourd secret en apprenant à mes auditeurs que ce texte fut
quasiment une commande. Lors de l’entretien que j’eus avec Maurice deux jours
avant (cf texte précédent), celui-ci me suggéra, dans un esprit : « Ce
qui serait bien, tu vois… », de réécrire un texte sur la pédophilie.
Ca n’était ni un ordre, ni une consigne, mais juste une petite suggestion qui
allait nécessairement me rester à l’esprit.
Sur le moment, je refusais, car la spontanéité était importante dans mon
travail et qu’en plus, je ne tenais pas non plus à devenir le pédophile de
service. J’avais déjà trois textes à mon actif sur ce thème, j’estimais cela
suffisant.
Puis, en baisse d’inspiration à ce moment, je m’étais laissé tenter. Ecrire un
texte sur un thème donné était quelque chose que je n’avais jamais fait, et
j’étais assez curieux de m’y essayer. Enfin, je m’étais dit que j’avais déjà
signé un pamphlet et un récit de viol, mais que je n’avais rien fait sur les
réseaux de prostitution enfantine clandestine. Bah, me suis-je dit, autant
boucler le cycle en faisant le tour du sujet.
Ce texte a donc bénéficié d’un travail de rédaction totalement différent des
précédents. Il a été mûrement travaillé, conçu, réécrit plusieurs fois avec une précision qui
faisait défaut à mes précédents textes. L’atmosphère extrêmement malsaine qui
s’en dégage y gagne énormément. J'ai écrit "Le Réseau Secret" avec un souci de réalisme
absolu, allant jusqu’à établir un tracé authentique de la voiture sur une carte
du XVIème arrondissement de Paris.
Il faut aussi rappeler que ce texte précède de trois ans l’affaire Dutroux, qui
a révélé une vérité beaucoup plus atroce que celle que j’imaginais alors sur la
prostitution enfantine. Le portrait que j’en fais ici est en fait très
romantique. Encore le fantôme de Pierre Louÿs qui se balade dans le coin…
Tout
cela n’empêche pas qu’il ne serait plus possible aujourd’hui d’écrire quelque
chose comme ça et de le lire à la radio.
Le prénom Laetitia n'est pas choisi au hasard. C'était une jeune fille de 14 ans - mais qui en paraissait nettement moins - qui m'avait fait un plan terrible dans le vestiaire d'une piscine lorsque j'avais moi-même 19 ans. Je n'avais pas cédé, j'étais encore puceau et non seulement je ne voulais pas perdre ma "virginité" dans un vestiaire de piscine, mais en plus, j'avais peur que l'on nous surprenne. Elle m'avait traité de pauvre con et s'était rhabillée. Je ne l'ai jamais revue. Je pense qu'au travers de ce texte et de ceux qui ont précédé sur le même thème, j'ai voulu exorciser cette histoire, vieille de deux ans à peine à l'époque, et qui me hantait encore beaucoup.
A noter sinon que, contrairement à mon habitude, je ne donne pas dans une
provocation crûe et violente. Tout est ici beaucoup plus subtil, et quelque
part plus venimeux : l’auditeur est pris par l’histoire avant même de
comprendre ce dont il s’agit. Sur le plan narratif, près de quinze ans plus
tard, je trouve encore « Le Réseau Secret » parfaitement
conçu.
Peut-être est-ce aussi pour cela que ce texte n’eût
pas les retombées espérées. Il y eût juste une lettre d’envoyée, dont il sera
fait allusion au début du texte suivant. Néanmoins, je trouve que « Le
Réseau Secret », même s’il n’est ni spontané, ni sincère, reste un de
mes meilleurs textes sur le plan narratif.
Néanmoins, lorsque l’on sait que Maurice fut à l’origine de ce texte, il est
assez amusant de considérer les commentaires scandalisés auxquels il se livre après que j’aie
raccroché.
Et sinon, je n'ai jamais compris l'allusion au couteau que fait Maurice au début de mon arrivée sur les ondes.










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