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christine_paris_11_mon_vieux_4_fvrier_1994.mp3
COMMENTAIRES 2008 :
Maurice en rêvait, il l’a donc fait. Me voici en train
de m’écharper avec Christine-Paris 11 en un duel somme toute très moyen.
Pourquoi ? D’abord parce que cette fois-là aussi, j’étais dans mon texte,
qui était un texte très difficile à lire, une vraie thérapie personnelle, un
exorcisme d’un des moments les plus durs de mon enfance. Je ne le commenterai
d’ailleurs pas. A quoi bon ? Juste dire que mon grand-père est mort en
2000, et que c’était plutôt une bonne nouvelle.
En fait, il n’était pas dans un fauteuil roulant. Il
était victime de la maladie d’Alzheimer. Un fauteuil ne l’aurait pas beaucoup
aidé. Je l’ai rajouté pour le côté dramatique. Aussi impudique qu’ait pu être
pour moi cette confession, je n’en avais pas pour autant oublié les précautions
narratives. Un peu trop, peut-être, car là aussi, la mise en scène est un peu
trop grand-guignolesque. Mais il y a des moments touchants. Ca n’était pas
facile de coucher ça sur le papier, encore moins facile de trouver le courage
de le lire et d’en faire quelque chose. J’ai toujours trouvé que rentabiliser
la souffrance, c’était lui donner un sens. Au moins, si j’en tartine quelques
pages assez réussies, elle aura servi à quelque chose.
Ceci pour dire que je n’avais guère le cœur à abreuver
Christine d’insultes. En fait, je n’avais rien véritablement contre elle. Ses textes
étaient chiants comme un dépliant touristique, sa lecture était saccadée et
mécanique, tous ses récits de voyages dégageaient le même parfum de déjà-vu.
Elle ne savait pas faire voyager l’auditeur, ni le plonger en transe. « Hong-Kong,
c’est le Berlin asiatique » : A quoi bon tirer sur
l’ambulance ? Ca m’amusait juste de la vanner, car j’étais somme toute
assez sadique à cette époque.
Elle, de son côté, cherche à jouer la fille bien dans
sa peau, bien dans sa vie, etc… Elle me dit que c’est moi qui ait un problème
avec elle, puis fait un faux pas et me sort tout d’un coup que mes textes sont
trop longs et qu’elle les zappe. Triste mensonge, même pas crédible.
En fait, je suis sincère lorsque je lui dis que j’aimerais qu’elle me prouve
que je dis des conneries, non parce que je cherche à me mettre dans ses bonnes
grâces, mais parce que je ne cherchais pas absolument à avoir raison.
Pour schématiser, je la traitais de conne, elle me
répondait que j’avais un problème, mais elle ne disait à aucun moment qu’elle
n’était pas une conne. Ma soi-disante immaturité et/ou insignifiance expliquait
tout et il n’y avait pas à y revenir, puisque rien ne pouvait être vrai. Mon
irrespect lui passait à trois kilomètres de la tête, comme elle dit, mais finalement,
il y avait tellement de choses qui lui
passent à trois kilomètres de la tête... Elle ne voulait pas s’abaisser à se
justifier, ni se mettre à découvert et résultat, le débat ne pouvait pas
avancer. Il faut dire que ni elle, ni moi y étions vraiment investis.
Maurice pour sa part cherchait obstinément à nous
rabibocher, malgré nous bien sûr, et surtout en dépit de toute logique. Christine
marchait un minimum, moi pas une seconde, bien sûr.
En fait, la vérité, c’est que je ne l’avais pas écouté, le texte de Christine.
J’étais en train de répéter le mien pendant ce temps-là, comme je le faisais
systématiquement pendant l’attente au téléphone. Mais si je l’avouais, je me
retrouvais en position de faiblesse, puisque Christine, elle, m’avait écouté.
Donc, je mentis. Et forcément, je ne pus faire qu’un
commentaire très sibyllin sur son texte à elle. En même temps, après avoir
écouté l’enregistrement, j’ai pu me rendre compte que j’avais tapé relativement
juste.
En tout cas, nous n’avons pas fini potes, nous ne nous
sommes jamais rencontrés et nous n’avons pas eu d’enfants ensemble. La boule de
cristal de Maurice a dû quelque peu s’enrayer.
Mais il faut considérer tout cela avec un peu de recul. Je ne pense pas que
Maurice était vraiment dupe. Il voulait juste négocier un happy-end à
l’antenne. Après tout, peut-on lui en vouloir ? Il y a rarement des
happy-ends dans la vie. Il n’y en eût pas cette fois-là.






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