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la_journe_du_sida_1er_dcembre_1993.mp3
COMMENTAIRES 2008 :
L’accueil peu chaleureux que je reçois fait sans doute
suite aux déclarations de Renaud de Paris 17 (Voir "Réactions sur Dorian par deux auditeurs" du 24 Novembre). Pourtant, quelque
peu gêné d’avoir été ce jour-là le sujet principal pendant au total près d’une
demi-heure (ce qui est énorme sur une émission de deux heures), je m’étais fait
discret pendant une semaine, ne voulant pas aggraver la situation.
Malgré cette absence volontaire, je repris en pleine poire une énième accusation
de carriérisme. C’est vrai en plus que je ne cherchais pas à être une star. Si
les auditeurs me connaissaient autant, c’était parce que je passais souvent et
que j’avais le don de marquer les esprits par des textes originaux et
personnels. Mais ni par mes thèmes, ni par mon attitude, je ne cherchais à séduire un public. Je faisais ce que j’aime encore faire aujourd’hui :
écrire et interpréter. Point final. Il n’y avait rien à rajouter. Maurice m’a
profondément blessé par ces allusions à mon opportunisme et au fait que je
plagierais des dialogues pompés dans des bouquins. C’était faux, archi-faux.
Néanmoins, j’ai serré les dents et j’ai lu mon texte sans rien laisser
paraître.
Sur le texte en lui-même, il a été écrit le soir même de la toute première
"Journée Contre Le Sida" organisée par Act Up. On pourrait me taxer d’homophobie,
mais ce n’est pas le cas. Ce qui m’a toujours un peu écoeuré chez certaines
franges de la communauté homosexuelle, c’est cette envie d’être considérées
comme des personnes « normales et comme tout le monde »
lorsque ça les arrange, tout en s’affirmant en tant qu’élite marginale le reste
du temps. Pour moi, quand on est marginal et que l’on s’assume comme tel, on ne
vient pas pleurer pour avoir le droit de se marier comme les hétéros de base. On
crée soi-même son propre style de vie. Et quand on a envie d’élever un enfant
et de fonder une famille, on ne s’enferme pas dans des boîtes de nuit ou des
bars entre hommes tous les samedis soir. Je tiendrais d’ailleurs ce même
discours à un hétéro qui aurait la même attitude.
Mais revenons au texte en lui-même. C’est une des rares fois où je défends le
gouvernement de droite, en l’occurrence, celui d’Edouard Balladur. Il y avait
effectivement une partie d’Act Up qui avait défilé, un soir, sous les fenêtres
du ministre, en l’accusant ouvertement de ne rien faire pour les séropositifs
qui mouraient du SIDA. Qu’est-ce que le Premier Ministre aurait bien pu
faire ? La recherche a évolué depuis, mais bien lentement, et le SIDA est
toujours une maladie dont on meurt. Cela n’est pas une question de crédits, ou
de politique. C’est une question de recherche scientifique qui peine à aboutir.
J’aime beaucoup la provocation, mais pas celle d’Act Up, car elle est souvent
haineuse et agressive, voire diffamatoire. Je ne crois pas qu’Act Up fasse
avancer la cause des séropositifs, ni même celle des homosexuels.
La fin du texte relève un peu plus de l’humour noir et
cynique. On peut ne pas avoir envie d’en rire, je le conçois aisément. Mais
rire n’ayant jamais tué personne, je clamerai bien haut mon innocence. :-)

Tu partages le même point de vue qu'Alain Soral.
Rédigé par : Getzel | 05 août 2011 à 02:02
Je m'en voudrais de partager quelque point de vue que ce soit avec ce sinistre imbécile.
Par contre, la chanteuse Catherine Lara, homosexuelle, a exprimé récemment un avis similaire dans son autobiographie, concernant tout du moins le besoin de reconnaissance de la nouvelle génération gay, et son aspiration au mariage, autant de caractéristiques d'une société hétéronormalisée auxquels les homosexuels ne devraient pas adhérer selon elle.
Rédigé par : Dorian Wybot | 07 août 2011 à 05:32
Etant un jeune gay, j'ai du mal à comprendre justement qu'on n'essaye pas de faire en sorte qu'on ait les mêmes droits que n'importe qui d'autre. Un gay reste un homme qui va peut être vouloir se marier ou fonder une famille.
Rédigé par : Outlines | 04 février 2012 à 01:21
Comme je l'ai dit un peu plus haut, je trouve que la communauté homosexuelle est, sans jeu de mots, un peu ambiguë sur ce point-là, puisqu'elle se veut à la fois ouvertement marginale - avec ses codes, sa culture, son mode de vie - et en même temps demande, sur le plan administratif et moral, une assimilation totale, supposée équitable, avec la société dite "hétérosexuelle".
Pour résumer, je ne trouve pas cohérent de se démarquer, parfois avec un mépris affiché, d'une certaine norme, et demander en même temps d'être accepté dans cette même norme. Ca revient à dire : "Je suis pédé, et je vous emmerde", et immédiatement après, "Je suis comme vous, et vous devez m'accepter".
Ceci dit, il faut d'abord préciser que ce n'est pas le droit au mariage homosexuel ou l'adoption d'enfants par des couples homosexuels que je contestais dans ce texte (j'y suis totalement favorable) mais le mode de communication agressif et haineux d'Act Up et de ses militants.
Il faut aussi se replacer dans ce contexte, il y a presque 20 ans, où Act Up s'arrogeait, sous couvert de mobilisation contre le SIDA, un statut de représentant de la communauté homosexuelle sans doute très abusif. Aujourd'hui, l'association s'est faite bien plus discrète, et c'est aussi bien comme ça.
Par conséquent, ce texte que j'avais écrit en 1993 n'est clairement plus d'actualité. Il n'est présenté ici que sur un plan anecdotique.
Rédigé par : Dorian Wybot | 04 février 2012 à 06:05