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concours_1993_1_30_dcembre_1993.mp3
concours_1993_2_3_janvier_1994.mp3
COMMENTAIRES 2008 :
Voici ce qui fut certainement l’évènement qui fit de
moi non plus un monstre conspué mais une vraie star de l’émission, appréciée et
respectée quoi que je dise de scandaleux. Cela a-t-il été un bien ou un
mal ? Difficile à dire…
Le résultat final du concours fut de 29 voix pour moi et de 19 voix seulement
pour le Mage Violet. Un scrutin d’autant plus écrasant que tous les gens qui ne
m’aimaient pas avaient voté pour le Mage Violet, et ne représentaient donc pas
des gens qui pouvaient réellement être fan de ce qu’il faisait.
Dans le premier fichier vous trouverez :
- L’énoncé du concours présenté par Maurice et le Bûcheron, avec des extraits
du texte « La Cage », et un court extrait d’un texte du Mage
Violet. Très court, d’ailleurs. Avait-on voulu me donner ainsi la préférence ou
est-ce moi qui, à l’époque, ai raccourci au maximum la prestation du Mage dans
mon enregistrement ? Si c’est cette dernière option, c’est assez bien
fait, surtout à une époque où je n’avais pas d’ordinateur pour recouper une
bande sonore.
- Un texte écrit et lu par le Bûcheron, qui à l’époque m’a totalement révulsé
par le portrait qu’il traçait de moi. Non seulement j’y suis décrit comme un
pervers absolu, mais en plus, le Bûcheron me montre comme un bonhomme en quête
de reconnaissance se métamorphosant jour après jour pour plaire à Maurice.
Inutile de dire que dans le texte qui suit quelques jours plus tard, je ne l’ai
pas raté, l’ami Bûcheron…
Dans le second fichier, vous trouverez :
- La lecture par Maurice de la lettre d’Aurélie de Boissy-Saint-Léger, en
réaction à mon texte, « Le Striptease de Dorian ». J’ai déjà
eu l’occasion de parler d’Aurélie, qui fut un grand amour raté. Je devais la
rencontrer six mois plus tard, lors de la manifestation au Trocadéro
consécutive à l’interdiction faite à Maurice de faire son émission sur Skyrock.
C’était une fille merveilleuse, elle est mon plus beau souvenir de cette
époque, mais j’étais trop jeune à l’époque pour assumer une telle passion.
C’est dommage. Nous serions sans doute encore ensemble aujourd’hui.
- Le texte qui suit est une réaction à ce concours qui avait été organisé sans
même que j’en sois averti, et au climat général qui avait poussé à faire de ce
vote un duel manichéen entre le gentil (le Mage Violet) et le méchant (moi).
Evidemment, je me lâche à fond sur le Bûcheron, mais je n’épargne pas Maurice,
et d’ailleurs celui-ci en met une dernière couche, sur mon soi-disant besoin de
reconnaissance. C’est marrant comme finalement Maurice n’a jamais compris la
démarche purement expérimentale qui était la mienne.
Deux réactions suivent mon échange avec Maurice : tout d’abord Renaud, qui
procède à une analyse approfondie des raisons de mon succès, et qui reste à ce
jour la seule personne qui ait réellement compris le concept du personnage que
je jouais : un concept d’absolution et de libération via la catharsis. Il
exprime cela avec ses mots à lui, mais ça reste pertinent et sagement réfléchi.
Vient ensuite Muriel, qui se contente de représenter les rares femmes qui me
soutenaient à cette époque. L’extrait musical que Maurice lui fait écouter
était en fait la version « hip-hop » d’une chanson que j’avais
écrite à Maurice et qui s’intitulait « Broute-Moi le Gland ».
Vous pourrez en trouver la version complète dans l’onglet « Inédits et
Raretés ».
Pour la petite histoire, la canadienne de Cowboy Dream m’a bien été remise,
même si, lorsque je suis allé la chercher, Maurice n’a pas pu s’empêcher de
l’essayer devant moi, en me redemandant si je la voulais bel et bien. Je me
souviens que pendant qu’il paradait avec, j’étais en train de caresser un chien
qui était allongé non loin du studio. Ceci pour dire à quel point la communication avec Maurice était d’une
intensité… particulière. :-)


Bonne analyse.
Maintenant, il n'y a plus que des bûcherons à la radio malheureusement.. des Arthur etc. Beurk !
Rédigé par : Getzel | 06 août 2011 à 13:48
J'ai adoré cette émission, notamment ton échange avec Maurice.
Très révélateur de beaucoup de choses.
Tu critiquais le monde, mais sans vouloir y entrer pour changer les choses.
On dirait que Maurice par des messages presque pas cachés voulait te pousser à faire du volontariat pour rentrer à la radio, trouver ta place officiellement quitte à virer le bûcheron.
Car Maurice est un marginal comme toi, avec un look à lui etc... il avait certainement + de sympathie pour toi que le bûcheron.
Et si on fait des compromis, qu'on accepte de rentrer dans le système, on peut avoir un espoir de changer un petit quelque chose.
Sinon le mec à la fin est très parlant, il dit que les filles ont voté contre toi.
Ceux qui t'aiment vivent avec la réalité, la connaissent.
Alors les filles se cachent l'horrible vérité, hypocrites ?
Souvent quand je parle avec une fille ou ma copine notamment de choses profondes, ça la met mal à l'aise et elle dénie toute part de péché en elle. Je sens le péché en elle par ses attitudes et ses envies mais je préfère parfois me masquer la vérité moi aussi..
Rédigé par : Getzel | 06 août 2011 à 14:01
Ah, ne dis pas de mal du Bûcheron, il est dans mes amis Facebook. :-)
De toutes façons, tu sais, je ne crois pas que la radio ait encore une fonction pertinente. Désormais, c'est plutôt Internet, le média libertaire et indépendant...
Rédigé par : Dorian Wybot | 07 août 2011 à 05:40
Et sinon, oui, je critiquais la société, car elle me semblait corrompue, mais je n'avais guère d'illusion sur ma capacité à la faire évoluer. Trop de gens s'y retrouvent, au final, et les idéaux moraux et philosophiques semblent trop improbables face une génération trop obsédée par la réussite matérielle et la considération des autres.
Maurice ne m'a jamais caché qu'il espérait me voir faire un jour de la radio, mais outre qu'il n'était pas pressé que je mette fin à mes performances dans l'émission, moi-même, je n'ai jamais été un fanatique de la radio, et j'étais plus volontiers persuadé de pouvoir plus facilement être un auditeur au-dessus des autres qu'un animateur radio au-dessus des autres. A cette époque, je n'étais que très moyennement doué pour l'improvisation, et je me définissais déjà - et me définis encore - comme quelqu'un qui écrit.
Je ne sais pas si Maurice avait véritablement de la sympathie pour moi. Il me trouvait du talent, et avait envie de me mettre sur les rails du métier, mais j'étais - et je suis toujours - une personne trop indépendante, trop distante et trop solitaire pour qu'il puisse avoir une réelle confiance en moi. Moi-même, je sentais trop en lui quelqu'un qui aimait avoir du pouvoir sur les autres, ce que je n'aime pas à la base, pour pouvoir lui faire confiance. Ainsi, si nous avions l'air d'improviser de concert avec une certaine harmonie, lorsque l'on se croisait en vrai, nous avions bien du mal à avoir une conversation, tant il y avait une réserve prudente et même un peu hostile chez l'un ou chez l'autre.
Pour le reste de ton message, je t'inviterai déjà à laisser aux grenouilles de bénitier l'usage exclusif du mot "péché" qui n'a à mon sens rien à faire dans un débat sociologique. :-)
Ensuite, je ne connais pas ta compagne, mais si elle a le même âge que toi, encore une fois, elle jugera elle-même le moment où il faudra se poser des questions plus profondes. Là, elle se préoccupe de sa carrière professionnelle, elle n'a sans doute pas très envie de se plonger dans des abîmes métaphysiques qui pourraient remettre en question toutes les années d'étude passées ou à venir qui lui permettent de réaliser son ambition.
Je ne parlerai pas plus d'hypocrisie, dans un tel contexte, que de "péché". La vérité absolue, Getzel, personne ne la détient, et il est donc facile pour un homme ayant un minimum de jugeote de démonter toutes les mentalités, les certitudes, les ambitions, les prétentions... Mais il est plus dur d'en proposer d'autres, plus solides, plus fiables. Souvent, ce qui nous apparait solide n'est rien d'autre que ce qui calme des angoisses toutes personnelles, et nous n'avons pas tous les mêmes angoisses.
L'important dans la vie, c'est de chercher sa propre voie, son propre chemin, celui qui est en accord à la fois avec la réalité et avec ses propres idéaux. Il faut parfois une vie entière pour le trouver. Je pense qu'à ton âge, il est sans doute un peu tôt pour jouer les directeurs de conscience. Il faut parler en son nom propre, avoir le courage de dire "je pense que" sans pour autant être certain que cela te mène à un véritable savoir. Dans l'immédiat,il faut être attentif aux autres, spécifiquement à ceux qui te semblent dans l'erreur, et afin de comprendre la mécanique de cette erreur, et éviter toi-même d'y tomber, si tu croises cette mécanique sous une autre forme moins rédhibitoire.
Et quant à ta compagne, même si la perspective peut te paraître malheureuse, c'est peut-être simplement qu'elle n'est pas le genre de fille qu'il te faut. Ce n'est pas la peine d'attaquer son système, si elle-même s'y retrouve. Mieux vaut mettre fin à la relation et partir en quête de quelqu'un de plus proche de ton univers.
En règle générale, je te dirais que c'est le pire défaut de l'intellectuel que de prétendre donner des leçons de vie aux femmes. Moi-même, je n'ai que trop commis cette erreur. En fait, ce sont les femmes qui ont beaucoup de choses à nous apprendre sur nous-mêmes. Souvent, si on ne les trouve pas profondes, c'est parce qu'elles ont la sagesse instinctive de s'en tenir à l'essentiel. Cet essentiel qui ne suffit jamais à nos ivresses cosmiques souvent illusoires... :-)
Rédigé par : Dorian Wybot | 07 août 2011 à 07:28
Waho tu me remets bien à ma place ^^
La femme c'est par essence la sécurité, la soumission au système et l'homme c'est la conquête donc parfois la rébellion, l'ingéniosité et les idées nouvelles.
Les deux peuvent se compléter mais c'est vrai qu'on se complète pas sur ces niveaux-là. Je préfère parler de choses futiles avec elle.
Rédigé par : Getzel | 07 août 2011 à 14:56
C'est très macho, comme point de vue, et je ne le partage donc pas, mais je t'avoue que je n'ai pas connu beaucoup de femmes soumises et obsédées par la sécurité, alors je ne sais pas trop à quoi ça ressemble... Par contre, j'ai connu des hommes totalement assujettis au système et ne pensant qu'à leur sécurité. On en croise pas mal dans la fonction publique, d'ailleurs... :-)
Je pense que l'homme et la femme sont assez semblables au fond, si ce n'est peut-être dans leurs objectifs pour s'accomplir, mais que la société s'acharne à les cantonner dans des rôles déterminés, des rôles qui, en majorité, avantagent plus l'homme que la femme.
Je ne crois pas qu'il y ait une question d'essence dans tout ça. Mais tu sais bien que je n'ai guère de goût pour les termes mystiques... ;-)
J'ai eu pour ma part de très longues et très complexes conversations sur des sujets très divers avec des femmes. Des fois, on est tombé d'accord, des fois non, et d'autres fois, oui, je peux dire que l'on s'est complétés.
Ma dernière compagne était une khâgneuse à Henri IV, experte en littérature française du XIXème siècle, pouvant réciter par coeur des poèmes de Baudelaire, assez sensible à la musique classique du XXème siècle, ainsi qu'aux films de Luis Bunuel. A priori, elle se destine à l'enseignement de la littérature en université (elle est beaucoup plus jeune que moi), et nous nous sommes séparés pour des motifs religieux (difficile d'être croyante alors qu'on vit aux côtés d'un athée plus équilibré que soi).
Nous n'avons jamais abordé la question, mais je peux néanmoins affirmer qu'elle n'a jamais songé un seul instant à travailler dans le milieu bancaire. :-)
Bref, ceci pour dire qu'avant de reprocher aux femmes leur conversation futile, peut-être n'est-il pas idiot de se demander si tes critères féminins personnels ne te poussent pas, pour des raisons que j'ignore et sur lesquelles je ne me prononcerai donc pas, vers des femmes quelque peu futiles dont tu aurais, sait-on jamais, le tort de faire ton unique horizon... :-)
Rédigé par : Dorian Wybot | 07 août 2011 à 23:47