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la_maison_des_lilas_5_janvier_1994.mp3
COMMENTAIRES 2008 :
« La
Maison des Lilas » est à mon sens mon meilleur
texte de toute ma « carrière »
radiophonique. A la fois vivant et extrêmement descriptif, il représente le sommet
de ce que je pouvais faire : dialogues incisifs, descriptions minutieuses,
morale lucide, métaphore pertinente, humour noir, drame poignant. Tout mon
savoir-faire de cette époque est concentré dans les 2000 et quelques mots dans cette
histoire que je trouve encore aujourd'hui aussi touchante que c'était quelqu'un d'autre qui l'avait écrite.
Le texte en lui-même est extrêmement détaillé, presque minute par minute, et
cela joue dans le côté envoûtant de l’histoire. C’est une maison où je reviendrai, pour en faire une nouvelle,
probablement beaucoup plus longue. Je caresse cette idée depuis de nombreuses
années.
Il est étonnant que j’aie songé à la misère des maisons de retraite à un âge
aussi jeune. Je ne me souviens plus d’où l’idée m’est venue. Je ne crois pas
avoir jamais visité une maison de retraite, ni spécialement avoir vu son
fonctionnement. Sans doute avais-je déjà vu des reportages, mais le but ici
n’était pas de dresser un portrait réaliste, mais de raconter, au travers du
drame de Lucien Maréchal, un conte
philosophique autour de l’enfermement, qui est un de mes thèmes récurrents. Le
parallèle avec l’école me semble intéressant. L’absence totale de réelle
innocence me semble aussi un élément important. Mais en sus de ces détails
qui se voulaient plus ou moins « naturalistes » se dessine une sorte de parabole
surréaliste, avec cet étrange jardin de lilas, inaccessible, et représentant
les souvenirs figés de ces vies en fin de parcours.
On reconnaîtra
aussi une cruauté familière dans l’expression de la réalité telle que la
présente le cynique Raymond. C’était un trait assez courant de ma personnalité
d’alors. Aujourd’hui, ça ne serait pas la chose sur laquelle j’insisterai le
plus. Là, c’est un peu le nœud du drame, celui où la réalité explose et où,
sonné par le coup, Maréchal abandonne toute velléité de résistance. C’est le
coup de théâtre dans le sens classique du terme. Il y a quelque chose de très
théâtral dans ce récit, même si ça n’était pas volontaire. Aujourd’hui,
j’apprécie vraiment cette sorte de transposition de la tragédie grecque, écrite
à une époque où je n’en avais pourtant lu aucune.
Il faut noter que le terme « salle de convivialité
multifonctions » est tiré originellement d’une plaquette écrite par ma
cousine, qui fut journaliste. Bachelière à seulement 17 ans, elle entrepris et
mena à terme de brillantes études de journalisme dans une école réputée. Elle
écrivit pour des feuilles de choux assez infâmes, et connut son heure de gloire
avec un article de Télé Poche. Sa « salle
de convivialité multifonctions » était en fait une bête salle de
permanence dans un collège. C’était tiré d’un article pour le bulletin des
fonctionnaires de l’Education Nationale, pour lequel elle travailla dans la
deuxième moitié des années 80. Elle nous avait envoyé, à ma mère et à moi, une
copie de cette œuvre impérissable. Je ne sais pas trop ce qu’elle fit dans les
années 90, mais, lassée de n’arriver à rien, elle s’est laissée épouser par un
vieux fortuné et a posé définitivement sa plume pour devenir la bourgeoise
repue qu’elle avait toujours voulu être. Depuis qu’elle sait que j’écris, et
que j’ai été rédacteur-en-chef à même pas 30 ans, et ce sans avoir jamais fait
d’études de journalisme, elle ne veut plus m’adresser la parole. Je n’ai jamais
été très famille, donc ça ne m’a pas posé de problèmes.

Ah il est pas en entier
Rédigé par : Getzel | 07 août 2011 à 14:05
Si, mais il a un bug. Et le souci, c'est que je ne peux pas l'effacer, je peux juste le retélécharger au même emplacement, mais ce sera pas forcément le deuxième téléchargement qui sortira...
Rédigé par : Dorian Wybot | 07 août 2011 à 23:24