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rveil_damour_et_de_mort_25_mai_1994.mp3
COMMENTAIRES 2008 :
La « Gigi »
qui m’accueille à l’antenne aux côtés de Maurice était une intervenante
régulière de l’émission aux temps de Oui FM. Je l’avais imitée, entre autres
personnes, dans un texte écrit six mois auparavant, « Maurice C’est La Nuit : Le Film » (15-16 Septembre
1993). Je ne me souviens pas de l’avoir entendue sur Skyrock. Ce devait être là
un de ses derniers actes de présence.
Le souvenir de la gestation de ce « Réveil
d’Amour et de Mort » est resté flou dans mon esprit. Ma relation avec
Emmanuelle commençait à sombrer dans le conflit. Pourtant, ce texte révèle
assez peu la nature réelle de ce qui nous opposait. Emmanuelle préférait mon
personnage pervers à l’homme que j’étais réellement. Elle n’avait même pas
cherché à le dissimuler. Cela me
blessait d’autant plus, que tout ce que je faisais au sein de l’émission de
Maurice ne m’apparaissait que comme un jeu, où ce que j’étais réellement n’avait
pas spécialement à entrer en compte.
Dans ce récit glacé d’une dispute qui dégénère en meurtre, je m’accorde
volontiers le mauvais rôle, ou du moins je l’accorde à mon personnage. Car pour
Emmanuelle, qui me guettait de l’autre côté du poste ce soir-là, la
compréhension du texte était d’un autre niveau que celui que n’importe quel
auditeur pouvait saisir.
En effet, dès le début du récit, je joue la créature
malsaine et purement charnelle. C’était cela qu’elle aimait en moi. Je savais
que pendant toute la première moitié du texte, elle serait excitée, et ne
pourrait s’empêcher de visualiser la chose, d’en faire même un projet tangible,
pour les mises en scène sexuelles qu’elle affectionnait tant. Et là, brutalement, la mort, l’indifférence
apparaissaient, et le personnage qui la faisait tant rêver devenait un bourreau
distant qui dans son mépris même de la femme, révélait sa véritable
nature : celle d’une entité inaccessible à la chair.
Emmanuelle, elle, est présentée telle qu’elle ne
voulait surtout pas être : une petite bourgeoise un peu coincée et paranoïaque,
qui croit tout maîtriser et ne maîtrise rien. Pourtant, finalement, c’était là
un portrait bien plus fidèle qu’elle ne le pensait.
Tout auditeur entendra dans ce texte le récit d’un
homme monstrueux qui assassine son innocente compagne avec une froideur mécanique
et une totale absence de scrupules. Derrière cette apparence, le message était
un avertissement à la femme corrompue de ne pas préférer à l’homme qui l’aimait
un personnage qui n’avait strictement rien d’excitant dans son entièreté. Dorian
de Saint-Ouen était un monstre, et il le serait aussi avec elle, si elle en
tombait amoureuse. C’est là une sottise typiquement féminine que d’aimer les
hommes dangereux, tout en s’imaginant qu’ils peuvent être domptés.
La vérité, c’est que je n’étais pas un homme
dangereux. J’aimais jouer ce rôle, parce que pour un acteur, c’est un rôle
intéressant et porteur. Mais précisément parce que je mettais la perversion en
scène, j’en voyais les limites, j’en apprenais les mécanismes et,
paradoxalement, cela me poussait beaucoup plus vers une existence saine qui,
elle, ne me demandait ni préparation, ni cogitation. Cela, Emmanuelle ne l’a
jamais compris.
Est-il utile de préciser que ce texte n’a évidemment
pas eu le résultat escompté et n’a débouché que sur une nouvelle scène de
ménage ?
Enfin, au sujet du « petit
coup de gras » à passer « sur
le curseur », quinze ans après, je ne vois toujours pas à quoi Maurice
faisait allusion. Mais vous aurez remarqué que je ne suis pas contrariant… :-)
Paradoxalement, ce "Réveil" allait être le début d'un long sommeil. Quelques jours après mon intervention, Oui FM intentait un procès pour plagiat à Maurice et à Skyrock, ce qui eût pour conséquence directe de suspendre la diffusion de l'émission.
Il n'y eût donc pas d'émission de Maurice entre début juin et début septembre 1994, et c'est pour cela que mon intervention suivante dans l'émission ne sera que le 9 septembre.
Toutefois, je fus sollicité par d'autres radios entre temps, et l'on pourra écouter les textes lus sur Oui FM, dans l'émission de Virginie, et sur la radio Ici et Maintenant dans l'onglet (à venir) "Bonus et Archives".


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