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un_souvenir_denfance_29_avril_1994.mp3
COMMENTAIRES 2008 :
C’est mon dernier texte sur Oui FM, même si je ne le
savais pas encore. Curieux hasard là aussi qui me fit choisir, comme pour
marquer le coup, un récit aux couleurs nostalgiques.
Le souvenir d’enfance vaguement scabreux narré ici est réel. A-t-il orienté mes
écrits ultérieurs sur la pédophilie ? Curieusement, non. La pédophilie
était en fait pour moi un système de provocation, nimbé d’un certain romantisme
idéaliste, et surtout relativement inédit et toujours efficace. Cela me
permettait aussi d’exorciser une histoire vécue bien plus tard, en 1991 (j’avais 19 ans), avec une gamine de
12 ans qui s’était offerte à moi de manière perverse, et que j’avais très
logiquement repoussée.
Ce jeu du docteur était pourtant assez prophétique de mes relations avec les
femmes, qui se sont souvent montrées impudiques devant moi, pour des raisons
qui restent encore assez mystérieuses à ce jour. C’est aussi pour cela que les
conseils de drague de Maurice (cf « La
Méthode Maurice Pour Emballer » du 11 avril 1994) me faisaient un peu
rire. Maurice s’évertuait à me donner les moyens de faire faire des folies
sexuelles à une femme, tandis que dans ma vie véritable, je devais plutôt me
battre pour en rester à la position du missionnaire. La vérité est que sur le
plan sexuel, j’ai toujours été très classique, très pépère, mais j’ai beaucoup
attiré des exploratrices dont les exigences fantasmatiques m’agaçaient, m’indifféraient
ou, dans le meilleur des cas, me faisaient bien rigoler.
Est-ce justement cette absence de concupiscence visible chez moi qui a souvent
débridé celle des femmes que j’ai rencontrées ? Peut-être bien. Toujours
est-il que « La Mécanique des
Femmes » de Louis Calaferte m’a toujours évoqué des souvenirs, et que
ce jeu du docteur narré ici était un prologue assez éloquent de ma vie future.
Je garde néanmoins un bon souvenir de cette Sandrine. J’entends encore sa
petite voix aigrelette me dire le mot « aucsulter », avec un sourire
gourmand sur les lèvres. Je dois avoir d’ailleurs, quelque part sur un bout de
cassette, un enregistrement de savoix, alors qu’elle chantait une chanson
devant un magnétophone à micros, lors de la grande fête que ma mère avait
organisée pour mes 10 ans, en 1982. Je voudrais bien la revoir, ou savoir ce
qu’elle est devenue. Je me souviens que lorsque j’ai dû déménager de ma
banlieue bordelaise et que je suis allé lui dire au revoir, elle avait ses
beaux yeux bleus embués de larmes et elle m’a offert une petite voiture qu’elle
a sorti de sous sa petite jupe et qu’elle m’a offert en me disant : « Comme ça, tu te souviendras de
moi ». C’est sans doute le plus beau cadeau que j’ai reçu d’une femme,
et malheureusement, je l’ai perdu au fil des ans. Mais un quart de siècle plus
tard, je ne l’ai pas oubliée, Sandrine. J’y pense encore souvent, à cette
petite fiancée d’un autre temps.
Mais le principal aspect « collector »
de ce texte, c’est évidemment le très étrange interrogatoire que me fait subir
Maurice avant même que je commence à lire mon texte. Je me rappelle que je ne
voyais pas où il voulait en venir, et surtout pourquoi il insistait autant pour
m’extorquer une réponse. Evidemment, quand il est passé sur Skyrock, j’ai enfin
compris ce qu’il avait voulu dire. Et avec le temps, je trouve son
interrogation assez touchante. Vu la façon dont sont orientées ces questions,
on voit que Maurice avait visiblement à cœur que je le suive sur Skyrock. Et
finalement, quel plus beau compliment pouvait-il me faire, à ce
moment-là ?



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